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Cette page a été mise à jour le 02/09/2009 : mise en ligne de MARS 1915

19 oct. 2008

Octobre 1914

1er octobre
Le 36e relève dans les tranchées, à 18 h 30, le 39e d'infanterie, qui les occupait. Pas un coup de fusil dans la nuit du 1er au 2. Pas un coup de canon dans la journée du 2. On entend une canonnade lointaine vers gauche.

2 octobre
Occupation par le régiment des tranchées de Saint-Thierry. Pas un coup de canon dans la journée. On entend une canonnade lointaine vers gauche.

3 octobre
Occupation des tranchées de Saint-Thierry.

4 octobre
Occupation des tranchées de Saint-Thierry. Le soir le régiment est relevé et reprend ses cantonnements à Merfy. Aucun incident.

5 octobre
Cantonnement bivouac à Merfy.

6 octobre
Cantonnement bivouac à Merfy.

7 octobre
Cantonnement bivouac à Merfy toute la journée. Le soir, le régiment occupe à nouveau les tranchées de Saint-Thierry. Les compagnies des tranchées et réservées sont rendues à leurs emplacements à 18 heures 45.
La compagnie de la route nationale et la section qui lui adjointe installées à 20 h 15. Aucun incident. Les Allemands envoient journellement une vingtaine d'obus répartis sur l'ensemble du secteur, qui ne font aucun mal.

8 octobre
Occupation par le régiment des tranchées de Saint-Thierry. Rien à signaler.

9 octobre
Occupation des tranchées de Saint-Thierry.

10 octobre
Occupation des tranchées de Saint-Thierry. Le régiment est relevé dans la soirée et reprend ses cantonnements à Merfy. Rien à signaler.

11 octobre
Cantonnement bivouac à Merfy.

12 octobre
Cantonnement bivouac à Merfy. À deux heures du matin, le premier bataillon quitte Merfy pour aller remplacer à Chenay les deux bataillons du 129e qui vont occuper la ferme de Luthernay.

13 octobre
Cantonnement bivouac à Merfy.
Le 36e occupe à nouveau les tranchées de Saint-Thierry, sous secteur nord, des 18 heures. Dans la nuit du 13 aux 14, la 9e compagnie qui se trouve près de la route nationale établit des troupes de tirailleurs à l'est de la route de façon à pouvoir être réuni pas une tranchée dont la direction pourra être battue par la pièce établie en caponnière à la Neuvillette. On ne peut s'enfoncer qu'à 60 cm. Une tranchée de 60 m de longueur est établie au nord du chemin de la route nationale à Courcy, deux éléments de 30 mètres séparés par des intervalles de 30 mètres, au sud de la _ route [?] (200 m environ de la route nationale).

14 octobre
Occupation de tranchées de Saint-Thierry. On approfondit les tranchées en avant de la route nationale. Rien à signaler.

15 octobre
Occupation des tranchées de Saint-Thierry. Aucun incident.

16 octobre
Le régiment occupe les tranchées de Saint-Thierry. Dans la soirée, il vient occuper entre les cavaliers de Courcy et la route nationale les emplacements des 327e et 243e.
La répartition est la suivante.
Troisième bataillon : 2 compagnie dans les tranchées en avant de la route nationale (à l'est du chemin la Verrerie-Courcy). 1 compagnie aux cavaliers Courcy. 1 compagnie à la Verrerie. 1 section de mitrailleuses aux cavaliers Courcy avec la compagnie qui s'y trouve.
Premier bataillon : 2 compagnies dans les tranchées (ouest du chemin la Verrerie-Courcy se reliant au 129e). 1 compagnie sur la route nationale. 1 compagnie à la Verrerie. 2 sections de mitrailleuses à la Verrerie.
Deuxième bataillon : en réserve à Courcelles.
Le régiment reçoit un nouveau renfort 252 hommes de troupe et de deux officiers (active). Le régiment est à 12 compagnies. Son effectif est de 2400 hommes et de 50 officiers.

17 octobre
Le régiment occupe le même secteur. Le 129e n'a encore construit aucune tranchée en avant de la route nationale. La compagnie la plus avancée à la route nationale. Rien à signaler.

18 octobre
Aucun changement dans les emplacements occupés par le 36e. Le 129e a commencé la tranchée à 200 m en avant de la route nationale sur le prolongement de celle occupée par le 39e.
Les éléments à gauche du 36e seront abandonnés et reportés en avant de façon à se relier avec le 129e. Rien à signaler.

19 octobre
À 16 h, un obus de 75 tiré par le régiment d'artillerie et tombée sur les tranchées occupées par la 7e compagnie est a fait trois tués et sept blessés.
À quatre heures du matin a eu lieu la relève : le deuxième bataillon va cantonner à Courcelles. Le deuxième bataillon vient à la Verrerie.

20 octobre
Deux coups de canon tirés par l'artillerie française le Saint-Thierry. Les obus sont tombés à 2 m de la tranchée du 1e bataillon. Personne n'est atteint.

21 octobre
Rien à signaler sur le front du régiment.
À quatre heures du matin, le 3e bataillon vient à la Verrerie. Le 1e va cantonner à Courcelles.

22 octobre
Rien à signaler. Journée calme. Nuit calme.

23 octobre
Quelques obus tombés un peu en arrière de la ceci.
Le capitaine Roy, le lieutenant Le Rasle et le sous-lieutenant Guérin reviennent sur le front.
À 16 heures, le 1e bataillon vient à la Verrerie. Le 2e va cantonner à Courcelles.

24 octobre
Dans la nuit du 23 aux 24 de nouvelle tranchée sont commencées un peu en avant les anciennes. Toujours quelques coups de fusil de la part de l'ennemi.
Un homme est tué par une balle perdue pendant qu'il enterrait un soldat trouvé dans le cavalier de Courcy. Rien d'autre à signaler.

25 octobre
Quelques obus de gros calibre (150 mm) ont éclaté aux environs immédiats du groupe d'artillerie placés près de Trois Fontaines. Aucun dommage. Les trous formés sont bien moindres dimensions que ce que faisaient les mêmes s'obus au début de la campagne et il y a peu de temps.
À 16 heures, le 2e bataillon vient à la Verrerie. Le 3e va cantonner à Courcelles.

26 octobre
Dans la nuit du 25 au 26 très violente canonnade lointaine sur notre gauche. Très violente fusillade lointaine sur notre droite. Dans la matinée soixantaine d'obus tombés aux environs du bois de Chauffour. Vers 16 h 00, 20 obus environ en avant de Saint-Thierry, en avant et en arrière de la route nationale. Rien à signaler dans le secteur du régiment.

27 octobre
Deux hommes blessés peu grièvement dans les tranchées. Retour du commandant Wiart qui prend le commandement du premier bataillon. À 16 heures le 3e bataillon vient à la Verrerie. Le premier va cantonner à Courcelles.

28 octobre
Vers 19 heures fusillade assez nourrie vers Thil. Rien à signaler dans le secteur du 36e.

29 octobre
Une batterie de 77 à canonné une partie des tranchées occupées par le régiment. Le bombardement a duré de 21 heures à 24 heures. Aucun blessé.
Peu d'activité de la part de cette batterie qui envoyait une salle de deux coups tous les quarts d'heure.
Pas un coup de fusil dans le secteur.
À 16 heures, le 1e bataillon vient à la Verrerie, le 2e va cantonner à Courcelles.

30 octobre
Violente canonnade dans le lointain à droite.
Arrivée du lieutenant L'Honoré.

31 octobre
La canonnade lointaine vers la droite a repris vers 5 h 30. Elle a cessé à 6 h 15.
Pas un coup de canon, pas un coup de fusil sur le front du 36e. À 16 heures le 2e bataillon vient à la Verrerie, le 3e va cantonner à Courcelles.

18 oct. 2008

Novembre 1914

1er novembre
Une section de mitrailleuses été placée sans abri dans les tranchées de la route nationale, battant de front et de flanc les tranchées et croisant ses feux par une pièce avec ceux de la section placée en flanquement aux Cavaliers.
Vers 18 h 30, une patrouille ramène trois prisonniers.

2 novembre
Dans la nuit, vers deux heures, une de nos patrouilles met en fuite une patrouille ennemie et ramène un prisonnier blessé.
Dans la matinée un homme de la 8e compagnie est tué par une balle allemande.
À 16 heures le 3e bataillon vient à la Verrerie, le premier va cantonner à Courcelles.

3 novembre
Les batteries ennemies tirent une vingtaine d'obus. Objectif probable : la batterie de 3 fontaines. Tir trop court. Le groupe du 11e à envoyé quatre ou cinq salves sur des batteries du passage en dessous. Elles se taisent.
Vers 20 heures les Allemands envoient des boîtes à mitrailles sur les tranchées.
19 coups de canons les firent taire. À 21 h 30 tout était fini.

4 novembre
Vers 21 heures, fusillade assez nourrie dans la direction est, durée 15 minutes. Quelques coups de canons ennemis sur les tranchées, le 90 du secteur de la 52e division d'infanterie répond peu vivement. À 21 h 30 tout cesse.
Rien à signaler dans le secteur du régiment.
Des patrouilles sont allées reconnaître les deux meules au sud du moulin pour essayer de prendre les soldats ennemis qu'on y croit en poste aux écoutes. Il n'y avait personne. À 18 heures le premier bataillon vient à la Verrerie, le 2e va cantonner à Courcelles.

5 novembre
Très bon tir du 120 sur la coupure des Cavaliers où sont les tranchées ennemies.
Vers 20 heures, canonnade de l'ennemi sur la Neuvillette, la Verrerie, au nord et à l'est et à l'ouest de ces localités, même sur Courcelles. Gros obus et schrapnels. Pas de blessés. Nous avons repéré au son une batterie de schrapnels qui était établie près du pont du champ de courses. Quelques obus de 75 l'on fait taire. Il était 21 h 30.

6 novembre
Rien à signaler sur le front du régiment.
À 18 heures le deuxième bataillon vient à la Verrerie, le 3e va cantonner à Courcelles.

7 novembre
Vers 18 h, un roulement de voiture est signalé. Un convoi important ou de l'artillerie passe sur le pont du champ de courses se dirigeant vers Courcy. Entente immédiate entre la Verrerie, l'artillerie de 3 fontaines le 120 de Saint-Thierry.
Le 11e tire le premier. Les voitures semblent arriver à l'entrée de Courcy. Au 3e ou 4e coup, arrêt immédiat du convoi. Les obus tombent juste. À partir de ce moment l'on n'entendit plus que le bruit de voitures isolées. Le 120 à son tour tire sur Courcy et le port de la Verrerie. Vers 20 h 30 l'ennemi amène deux batteries de campagne à la coupure où sont leurs tranchées. Pendant une heure les pièces envoient des schrapnels sur la Verrerie, le port et les environs. Aucun autre incident.

8 novembre
Vers 20 heures, canonnade habituelle de l'ennemi jusqu'à 21 heures, canonnade plus nourrie à laquelle notre artillerie ne pas répondue. À 23 h 15 vive fusillade sur le front du 129e qui gagne ma compagnie de gauche, cette fusillade est très vive de la part des Allemands. Nombreux obus ennemis devant le sous-secteur de gauche.
Le 11e tire une soixantaine d'obus. Peu à peu fusillade et canonnade cessent. À 0 h 30 tout est fini.
Pertes : deux morts, sept blessés.
À 18 heures avaient eu lieu la relève. Le 3e bataillon vient à la Verrerie et le 1er bataillon va cantonner à Courcelles.

9 novembre
Rien à signaler dans le secteur du 36e.

10 novembre
Des perfectionnements sont apportés aux abris est tranchées du régiment. Les travaux, constants, se poursuivent très activement pendant la nuit.
À 18 heures relève. Le premier bataillon vient à la Verrerie, le deuxième va cantonner à Courcelles.

11 novembre
Vers 10 heures quelques obus de 150 paraissent dirigés sur la batterie des 3 fontaines sans résultat. Vers 15 heures, la Verrerie et bombardé. Une maison voisine que celle qu'occupe le colonel est éventrée. Pas accident, sauf un enfant blessé.
À 15 h 30 les Allemands reportent leurs tirs sur les batteries des 3 fontaines. Trop court. À 15 h 50 tout est terminé.
Dans la journée une patrouille signale des travailleurs ennemis creusant une tranchée sur le talus intérieur des cavaliers de Courcy du côté du canal. Sa tranchée aurait été tracée à 100 m en avant de celle occupée actuellement.

12 novembre
Après entente avec l'artillerie une action est décidée pour empêcher l'ennemi de s'installer si près de nos tranchées et surtout lui interdire l'accès d'une position de laquelle il pourrait prendre d'enfilade nos tranchées de plaine.
Cette action se produit une heure avant le petit jour. Le tir d'efficacité de l'artillerie est de 12 obus. Au 12e tiré une demi-section se porte sur la tranchée de gauche.
On reconnut alors que cette soi-disant tranchée n'était que le prolongement de la sape de la tranchée déjà existante.
On trouva quelques outils à 30 m et en avant de la tranchée. La patrouille se heurta au réseau de fil de fer complet de l'ennemi.
Le jour étant arrivé, elle se retira.
En résumé les Allemands n'ont pas avancé. La situation reste la même. À 18 heures relève. Le deuxième bataillon vient à la Verrerie, le 3e va cantonner à Courcelles.

13 novembre
Le perfectionnement des sapes, tranchées et abris est continu. Dans le secteur rien à signaler.

14 novembre
À 16 heures la relève à lieu, le 3e bataillon vient à la Verrerie, le premier va cantonner à Courcelles. Pas d'incident.

15 novembre
Pendant la nuit l'adjudant Houette, parti en reconnaissance, est blessé par un feu de salve et reste aux mains de l'ennemi.

16 novembre
Deux obus de 105 ont éclaté à proximité du poste de commandement du colonel. Un homme tué, huit blessés.
À 16 heures, le premier bataillon vient à la Verrerie, le deuxième va cantonner à Courcelles.

17 novembre
Quelques obus dans l'après-midi entre la Neuvillette et la Verrerie. Sans résultat.

18 novembre
Vers 6 h 15 les Allemands envoient quelques coups de 77 puis une trentaine de boîtes à mitrailles sur nos tranchées. Le 11e d'artillerie les a fait taire par une dizaine d'obus. Le 120 de Saint-Thierry à profité de cette occasion pour envoyer huit obus en plongée sur les tranchées du Cavalier. Bons résultats. Toute la matinée de nombreux avions survolent nos lignes. À 16 heures le 2e bataillon vient à la Verrerie, le 3e va cantonner à Courcelles.

19 novembre
Le colonel prescrit qu'en cas de bombardement chaque compagnie du bataillon devra prendre des formations diluées dans les parcs à proximité des cantonnements.
Dans la journée cinq obus de 150 mm sont tombés dans la Verrerie. Personne de blessé.
Vers 22 h, un autre obus de 150 tombe à environ 30 m du poste du colonel. Sans résultat.

20 novembre
À 16 heures le 3e bataillon vient à la Verrerie, le premier va cantonner à Courcelles.
Vers 22 h 30 une dizaine de schrapnels arrosent la gauche de notre ligne de tranchées. Pas d'accident.

21 novembre
À 9 h 00, 3 obus de gros calibre sur la Verrerie. Deux maisons trouées, pas d'accident.
Vers 13 heures, deux obus, un court et un long. Pas de dégâts.
Un blessé par balles ennemies aux tranchées.
Dans l'après-midi, les Allemands ont arboré un drapeau blanc de leur tranchée de la coupure. L'ennemi n'étant pas sorti de sa tranchée nous n'avons donné aucune suite à cette manifestation.
Dans la nuit quelques obus à deux reprises différentes. Pas d'accident.

22 novembre
À 9 h 30 quatre obus : une maison trouée, un civil tué, un soldat blessé légèrement. À 11 h 00, une maison trouée. Personne blessé.
À 15 h 00, un obus tombe dans la même maison que le matin. Pas d'accident. À 16 heures relève.
Le premier bataillon vient à la Verrerie. Le deuxième va cantonner à Courcelles.

23 novembre
Dans le courant de la journée obus entre la Verrerie et la Neuvillette. Vers 19 heures, 20 obus tous en direction sur le poste du colonel mais courts de 100 m.
Le 2e groupe du 11e d'artillerie a tiré quelques rafales d'obus sur les tranchées ennemies du sud du moulin de Courcy.

24 novembre
Dans la matinée un des mortiers lisses de 150 mm a envoyé six bombes sur les tranchées allemandes. Le tir est dirigé par M. le capitaine Besnier.
Le premier essai a donné d'assez bons résultats.
Dans le courant de l'après-midi nouvelle application, 16 bombes ont été envoyées. En augmentant les charges on est arrivé à faire tomber une bombe à 50 m au nord de la coupure.
Une autre est tombée dans une tranchée, les Allemands l'ont évacué en fuyant. Les hommes dans nos tranchées ont immédiatement ouvert le feu sur eux.
L'ennemi à répondu par une quarantaine de schrapnels dirigés sur les Cavaliers, car l'emplacement du mortier est indiqué nettement à l'ennemi par l'énorme fumée que dégage le coup.
Les deux mortiers sont installés sur le haut du cavalier. Pour tromper l'ennemi sur leur situation exacte un abri est construit sur le flanc est du Cavalier sur lequel ils tireront en pure perte.
À 16 heures relève. Le 2e bataillon vient à la Verrerie, le 3e va cantonner à Courcelles.

25 novembre
À 11 heures obus habituels, sans mal.
Les mortiers ont tiré dans l'après-midi quatre bombes. Pas de réponse des canons ennemis.
Vers 16 h 30, deux obus sur la Verrerie. Pas d'autres dégâts que de nombreux carreaux cassés.

26 novembre
À huit heures, 50 obus de tous calibres petits, moyens et gros tombant à proximité et dans la Verrerie. Aucun blessé.
11 h 30. 15 obus de 88 mm, beaucoup n'éclatent pas. Pas d'accident.
14 h 30. 40 obus de même calibre sans résultat.
Vers 16 heures relève.
Le 3e bataillon vient à la Verrerie, le 1er va cantonner à Courcelles.
À la même heure, 40 nouveaux obus toujours sans résultat.
Dans la journée nos mortiers ont tiré quatre bombes sur les tranchées ennemies.

27 novembre
Vers 14 heures, 20 obus de 150 mm tombent aux environs de la Verrerie. Pas d'accident.
Le soir, notre 120, de Saint-Thierry, a canonné la redoute au sud du moulin de Courcy, où l'on voyait des travailleurs ennemis réparer les dégâts causés antérieurement par ce même 120. Tir très bon.

28 novembre
Vers 10 heures quelques obus sont tombés dans la Verrerie sans atteindre personne.
Dans la journée nos mortiers ont envoyé six bombes sur les tranchées ennemies.
À 16 heures relève. Le 1er bataillon vient à la Verrerie, le 2e va cantonner à Courcelles.

29 novembre
Huit heures, quelques schrapnels sur la Verrerie. Trop longs.
À 12 heures, cinq obus de 150 mm, un tué, six blessés.
Le bombardement continue jusqu'à la nuit sans autres pertes.
À 16 h 30 tout est terminé. Dans la nuit, à intervalles fixes (une heure quelquefois plus) des obus de gros calibre sont tombés au sud-est de la Verrerie, rive est du canal.

30 novembre
À 7 heures nos deux mortiers, tirant ensemble, ont envoyé 30 bombes sur les tranchées ennemies. Toutes bien arrivées est bien éclatées.
L'artillerie ennemie n'ayant pas répondu, le groupe du 11e des 3 Fontaines et le 120 de Saint-Thierry n'ont pas eu à intervenir.
Vers 16 heures, le 2e bataillon vient à la Verrerie, le 3e va cantonner à Courcelles.

17 oct. 2008

Décembre 1914

1er décembre
Nos mortiers lisses ont envoyé 30 bombes sur les tranchées ennemies. Toutes ont bien porté. Pas de réponse de l'ennemi. Vers 23 h 30 on a entendu une violente détonation venant de la direction de Loivre. Des vibrations ont été ressenties dans les tranchées du cavalier de Courcy.

2 décembre
Dans la journée, le 90 et le 155 de la 52e DI ont tiré un assez grand nombre de coups dans la direction du bois de Soulains, ferme Modelier (?). Vers 15 h 00, une grosse colonne de fumée noire s'est élevée dans cette direction. Il est possible que ce soit un dépôt de munitions qui ait sauté. Remarqué de nombreux avions français allant dans la direction du nord est. À leur retour les Allemands ont tiré sans aucun résultat. À 16 heures relève. Le 3e bataillon vient à la Verrerie. Le 1er va cantonner à Courcelles.

3 décembre
Les Allemands paraissent lancer des obus incendiaires sur les fermes où ils pensent qu'il existe de gros amas de paille. Ils ont brûlé un hangar plein à la Neuvillette et tentent sans résultat d'incendier une grande ferme dans la même localité. Vers 16 heures ils ont envoyé des obus semblables dans la direction de grosse meule de paille située au sud de Saint-Thierry. Sans résultat. Vers 18 h 00, un obus de gros calibre tombe sur la Verrerie. Maison trouée. À 20 heures les Allemands envoient une certaine quantité de boîtes à mitrailles sur les tranchées du Cavalier. Quelques obus de 120 tirés de Saint-Thierry sur la coupure nord de leurs tranchées amènent le calme absolu.

4 décembre
Entre 9 h00 et 10 h 00, les Allemands ont envoyé une quarantaine d'obus vers la Neuvillette sans but précis. À 10 h 00, une dizaine d'obus de 77 sont tombés sur la compagnie en réserve à la route nationale sans résultat. Vers la même heure de nombreux obus de 150 mm tombent dans la direction de Saint-Thierry, Merfy, Pouillon et vers Reims. À 16 heures relève. Le 1er bataillon vient à la Verrerie Le 2e va cantonner à Courcelles. Une patrouille a aperçu à 23 h 00 une section allemande près des tranchées sud-est du moulin de Courcy.

5 décembre
À sept heures deux patrouilles ont été envoyées sur les cavaliers de Courcy. Elles se sont avancées jusqu'à 20 m de la tranchée ennemie sans être éventées après avoir coupé les fils de fer sur leur passage. Un homme, le soldat LePoitevin de la 10e compagnie, s'offrit pour aller reconnaître si la tranchée était occupée. Il fut tué en coupant les fils de fer tout contre la tranchée. Il résulte de cette reconnaissance que la tranchée est à l'épreuve des gros projectiles. Elle est complètement recouverte. De ce même côté, les Allemands continuent à travailler en face de la gauche de nos tranchées. Ils ont agité un drapeau blanc et comme nos hommes se le montraient en se découvrant ils essuyèrent un feu nourri. Pas de blessés. Schrapnels et obus habituels. Sans dommage. Les Allemands sortent très peu de leurs tranchées. Des journaux qui leur avaient été envoyés ont été retrouvés tout près de leur tranchées. Les paquets étaient intacts. Dans l'après-midi, 30 bombes ont été envoyées sur les tranchées allemandes, ils nous ont répondu par des schrapnels et des grenades à fusil pareilles aux nôtres. Vers 23 heures nos patrouilles se sont approchées à moins de 80 m des tranchées ennemies. Elles ont reçu quelques coups de fusil. Pas de blessés.

6 décembre
16 heures, obus de 105 millimètres et de 88 sur la Verrerie. Pas d'accident.. À la même heure relève : Le 2e bataillon vient à la Verrerie Le 3e bataillon va cantonner à Courcelles. 21 h 30. Quelques obus de 88 sur la Verrerie, aucun mal. Nos patrouilles ont découvert un poste d'écoute ennemi. On tentera de l'enlever la nuit prochaine.

7 décembre
Notre mortier lisse de 15 cm envoie 30 bombes sur les tranchées ennemies au sud de la coupure. Ce tir est appuyé par le 120 de Saint-Thierry qui se règle d'après l'éclatement de nos bombes ; très bon tir. Journée tranquille au point de vue bombardement. Pendant la nuit des patrouilles sont envoyées dans les deux secteurs A droite. Une patrouille est parvenue jusqu'à la sape de la coupure nord de nos tranchées. Elle a rencontré un poste allemand tout contre. Coups de sifflets des Allemands, fusées éclairantes, une quarantaine de coups de feu tirés par l'ennemi. Deux blessés ramenés dans nos lignes. Le chef de patrouille a constaté qu'il n'y avait pas de fil de fer en avant de la sape sur le cavalier de Courcy (arête ouest). Il a reconnu les tranchées d'où sont partis les coups de fusil. A gauche. La patrouille envoyée dans la plaine a constaté la présence de trous de tirailleurs profonds servant de postes d'écoute inoccupés cette nuit. Fil de fer en avant des tranchées dont on n'a pu encore déterminer la profondeur. Le travail des patrouilles est rendu difficile par le mauvais temps. Les hommes sont souvent obligés de ramper dans les flaques d'eau.

8 décembre
Vers 11 heures quelques schrapnels sont tombés sur les tranchées du sous secteur de gauche, sans mal. De 9 h 00 à 12 h 00, les deux mortiers de 15 cm ont envoyé une cinquantaine de bombes à intervalles réguliers, variant de 15 à 30 minutes. Tirs très énervants pour l'ennemi. À 16 h 00, trois obus de 150 mm sur la Verrerie. Un cheval tué. Dans la journée un blessé par balle, légèrement. Le 120 a fait un très bon tir sur les tranchées ouest de la coupure et sur la coupure elle-même. À 16 h 30 relève. Le 3e bataillon vient à la Verrerie. Le 1er va cantonner à Courcelles.

9 décembre
Journée calme à part quelques obus de 88 mm sur la Verrerie. Dans la soirée le régiment attend le 274e d'infanterie pour la relève. Vers minuit le mouvement de relève commence. Il se poursuivra pendant une partie de la nuit sans incident.

10 décembre
Les sections de mitrailleuses du 274e n’arrivent à la Verrerie que vers 5 heures du matin. Le régiment doit remplacer dans le secteur de Craonne les troupes de la 3e brigade du 1er CA dans la nuit du 11 au 12 décembre. Chaque bataillon du 36e relevé va immédiatement cantonner : le 1er bataillon et le TC à Tinqueux, le 2e à Champigny, le 3e et l’état-major du régiment à Tilhois. Le TR reste provisoirement à Muizon. Vers 11h00 le régiment quitte ses cantonnements de Tinqueux, Champigny et Tilhois, et va, en entier, cantonner à Prouilly. Le régiment y passe la nuit.

11 décembre
À 15h00, le régiment se met en marche pour relever le 73e dans le bois de Beau Marais. Il est 23h00 lorsqu’il arrive à ses emplacements. Le premier bataillon occupe le premier sous-secteur. Le troisième bataillon occupe le deuxième sous-secteur. Le deuxième est réservé à Chaudardes et Concevreux. Poste de commandement du colonel : bois de Beau Marais. CHR. Le TC à Ventelay et le TR à Montigny. Pendant la nuit un homme blessé par balle très légèrement.

12 décembre
Deux hommes blessés légèrement aux tranchées. Dans la matinée, quelques schrapnels sur les compagnies en réserve du sous-secteur numéro 2. Pas de blessés. Nuit calme.

13 décembre
Toujours quelques obus de 77 sur la réserve du sous-secteur numéro 2. Un cycliste d’une section de mitrailleuses blessé aux tranchées. Rien d’autre à signaler.

14 décembre
Les cuisines du sous-secteur numéro 2 ont reçu quelques salves de schrapnels. Un blessé grièvement. Un homme légèrement blessé aux tranchées. Nuit calme si ce n’est qu’à notre gauche un régiment voisin tire d’une façon continue.

15 décembre
Toujours quelques schrapnels sur la même réserve. Aucun mal. Dans la nuit, fusillade habituelle à gauche. À 16h00 relève du premier bataillon du sous-secteur numéro un par le deuxième bataillon.

16 décembre
Rien à signaler. Un cheval blessé par une balle perdue loin en arrière du front est immédiatement abattu. Nuit calme dans tout le secteur. Aménagement des tranchées, créneaux, renforcement des réseaux de fil de fer.

17 décembre
Un homme blessé par accident. Vers 15h00, quelques obus sur les compagnies en réserve dans le sous-secteur numéro deux. Pas d’accident. La batterie qui tire est signalée par le commandant de ce sous-secteur devant être située en arrière et à l’ ouest de Craonne. Rien à signaler pendant la nuit.

18 décembre
Le colonel relève de son emploi le lieutenant commandant l’artillerie de montagne. Le commandement est passé à un sous-officier. L’amélioration des tranchées, abris, sapes, etc. se fait d’une façon continue.

19 décembre
Journée calme à part les obus habituels sur les réserves des deux sous-secteurs. Pas de blessés. Retour du capitaine Trinité (2e compagnie), blessé au Châtelet le 22 août.

20 décembre
Dans la matinée, quelques obus aux environs du bataillon du 35e territorial et au poste du colonel. Aucun dégât. Une patrouille envoyé par le commandant du sous-secteur numéro 2 rend compte que Craonne est fortement occupé. Une légère avancée sera établie en avant de ce sous-secteur.

21 décembre
Vives canonnades à gauche vers la ferme Heurtebise par notre artillerie. Vers 22h00, vive fusillade et canonnade à la gauche du 2e étranger. À 23h00, la fusillade a cessé pour reprendre vers 1h00 du matin le 22. Très courte durée. Retour du capitaine Koch, blessé le 29 août à Landifay, et du sous-lieutenant Leleu évacué.

22 décembre
Rien à signaler. Toujours quelques obus sur les compagnies en réserve de sous-secteur. Un blessé légèrement dans les tranchées. Nuit calme. Deux reconnaissances ont été envoyées et ont rapporté des renseignements sur les positions ennemies. Retour sans incident.

23 décembre
Pas d’incident à signaler. Les travaux de perfectionnement des tranchées et abris poursuivent sans interruption. De même, la destruction des réseaux de fil de fer devant les ouvrages de l’ennemi s’effectue chaque fois qu’il est possible. Nuit également calme.

24 décembre
Dans la journée, un blessé légèrement par balle dans les tranchées. Deux blessés par éclats d’obus au 2ème bataillon. Vers 22h00, un fort convoi ennemi et signalé entre Craonne et Chevreux. Il ne fut pas inquiété, la liaison téléphonique ayant été supprimée par l’artillerie.

25 décembre
Vers 7h00, le colonel signale un nouveau convoi ennemi qui s’arrête une demi-heure à Corbeny. Pas un coup de canon tiré par notre artillerie. Dans la journée, un homme blessé légèrement par éclats d’obus. À 16h00, relève du 2ème bataillon par le 1er. Elle s’effectue sans aucun incident. Dans la nuit, une patrouille est poussée sur le bois du Bonnet Persan. Elle a pu s’approcher jusqu’à 15 mètres du bois. Le chef rend compte qu’il est occupé par environ 80 Allemands.

26 décembre
Dans la journée, quelques obus sur les tranchées et la réserve du sous-secteur numéro 2. Six hommes blessés tous légèrement ; trois de ces hommes n’ont que quelques contusions sans gravité et ne sont pas évacués. Vers 21 h quelques coups de canon. Pas de dégât.

27 décembre
Un homme du 35e territorial tué par des éclats d’obus vers 11h00. Dans la nuit, un homme blessé dans les tranchées occupées par le 1er bataillon.

28 décembre
Dans la matinée et une partie de l’après-midi quelques salves d’artillerie sur les tranchées. Pas de blessé. Vers 22h00, une fusillade avec mitrailleuse à gauche. Sans durée. Rien à signaler.

29 décembre
De 10h00 à 15h00, l’ennemi bombarde nos tranchées avec des obus de tous calibres. À midi, le colonel donne l’ordre au 90 d’ouvrir le feu. Ordinairement, quelques obus suffisent pour faire taire l’ennemi. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Trois obus de 155 TR sur un objectif choisi, huit sur un autre obtiennent le résultat cherché. Les batteries ennemies de Craonne et Chevreux se taisent, seule la batterie de Corbeny tire jusqu’à 16h00 sur le Mont Hermel. Deux tués, trois blessés au sous-secteur numéro un. Cinq blessés au sous-secteur numéro 2. Dans la nuit, salves de coups sur le Mont Hermel. Pas de blessé.

30 décembre
Dans l’après-midi, le 80 de montagne tire 30 obus sur les ouvrages sud de Chevreux. Le colonel donne au 90 l’ordre de tirer en même temps sur Chevreux. Le tir a donné les résultats attendus : une demi-heure après la fin du tir, les Allemands ont envoyé environ 80 obus de 77 sur la batterie de montagne sans résultat. Nuit calme. Rien à signaler.

31 décembre
Quelques obus répartis sur les tranchées de première ligne dans la direction des batteries. Pas de blessé. Vers 23h30, devant le front du secteur numéro un, le saillant nord-est du bois est attaqué par les Allemands qui sont aisément repoussée par le feu. Devant le secteur numéro 2, la fusillade part des tranchées allemandes mais personne ne sort. Notre ligne ne répond pas attendant un objectif à courte distance qui ne se présente pas. D’après un renseignement, les anglais du 2e étranger seraient sortis de leurs tranchées en chantant leur hymne national. Les Allemands ont ouvert le feu et répondu par l’hymne allemand. Rien d’important.

16 oct. 2008

Janvier 1915

1er janvier
Dans la journée, une vingtaine d’obus de 150 millimètres sur nos tranchés de première ligne. Éclatement peu dangereux. Aucun accident.

2 janvier
Dans la nuit du 1er au 2 janvier, vers minuit et demi, une patrouille est envoyé par le commandant de la 2ème compagnie pour tenter de faire des prisonniers. L’adjudant Bourreau commande cette patrouille. Menée avec une grande prudence elle parvient jusqu’à environ 60 mètres des trous de tirailleurs allemands. À ce moment, plusieurs coups de feu sont tirés par l’ennemi. L’adjudant Bourreau est touché xxxxx grièvement. Le temps est alors très clair et la patrouille est obligée de se replier, l’ennemi ayant envoyé deux patrouilles dans le but évident de cerner la nôtre. L’adjudant Bourreau invite à ce moment les hommes à l’abandonner pour qu’ils ne puissent être faits prisonniers. Il parvient néanmoins à se traîner pendant une centaine de mètres où alors un soldat le ramène dans nos lignes.
Bien qu’elle n’ait pu accomplir entièrement la mission qui lui était confiée, cette patrouille a rapporté des renseignements très intéressants sur les positions ennemies.
Dans la journée, canonnade habituelle des tranchées. Un blessé grièvement et un légèrement. Vers 16h00 le 2ème bataillon remplace le 3ème au deuxième sous-secteur. Le 3ème bataillon va cantonner à Chaudardes et Concevreux.

3 janvier
Obus habituels sur les tranchées et réserves. Pas de blessés. Vers 22h00, quelques obus de 77 sur la réserve du premier sous-secteur et plusieurs obus de 150 millimètres aux environs du poste de commandement du colonel. Aucun incident.

4 janvier
Dans la matinée, vive canonnade. L’objectif des Allemands a été tantôt les tranchées de première ligne, tantôt les compagnies de réserve, ensuite l’artillerie troisième batterie du 43e et artillerie lourde. Aucun blessé au régiment. De 14h30 à 16h00, la canonnade reprend avec la même intensité sans plus de résultat. Dans la soirée, un blessé peut grièvement par une balle perdue.

5 janvier
Vers 7h00, un abri a pris feu accidentellement. Les allemands ont ouvert une fusillade dans la direction. Un sergent blessé légèrement. Un caporal grièvement. Dans la journée, canonnade violente sans résultat. Vers 22h00, quelques obus sur les tranchées de premières lignes. Pas d’accident.

6 janvier
Toute la matinée vifs bombardements de tranchées des réserves des cuisines. Aucun blessé. Pendant une partie de la nuit, canonnade sur la gauche du secteur occupé par le régiment. Pas d’accident.

7 janvier
Dans la matinée, pendant 1h00 environ, le mont Hermel, occupé par un petit poste et violemment bombardé. Dégâts purement matériels, aucun blessé. Aux tranchées, un homme blessé par balle peu grièvement. Pendant la nuit, rien à signaler.

8 janvier
Obus habituels sur les tranchées et réserves. Pas d’accident. Un homme tué par balle. L’eau monte de plus en plus dans les tranchées et le service y est rendu difficile et pénible. Les hommes ont les pieds dans l’eau nuit et jour. Ils se reposent avec les pieds contre les parois des abris.

9 janvier
Bombardement quotidien sur les tranchées les réserves. Pas de dégâts. Pendant la nuit, rien à signaler.

10 janvier
Canonnade sur nos premières lignes et les réserves. Aucun blessé. Bombardement de Chaudardes par une pièce de 77, 30 obus. Un sous-officier blessé, un soldat tué, tous les deux par surprise. Vers 16h00 relève. Le 1er bataillon est réservé à Chaudardes et Concevreux. Le 2ème bataillon prend le premier sous-secteur. Le 3ème bataillon prend le deuxième sous-secteur. Nuit calme, rien à signaler.

11 janvier
Bombardement plus intense pendant la journée des tranchées, de la réserve et de Chaudardes. Une centaine d’obus sur les tranchées. Une dizaine sur Chaudardes. Quatre blessés du régiment et un du génie aux tranchées. Tous légèrement. Pendant la nuit, un coup de main tenté par une section de la 7e compagnie nous a permi d’occuper l’emplacement d’un petit poste ennemi situé à environ 250 mètres en avant deux nos lignes.
Une tranchée et des réseaux brun et de fil de fer barbelé seront installés dès la nuit prochaine.

12 janvier
Obus habituels. Deux blessés, un par éclat d’obus assez grièvement, l’autre par balle légèrement. Nuit calme. Rien à signaler.

13 janvier
À part la canonnade habituelle, rien à signaler. Pas de blessés. Nuit calme.

14 janvier
Bombardement plus intense que de coutume, principalement du sous-secteur numéro un. Trois blessés, deux légèrement, un plus grièvement. Toute la journée, les Allemands ont envoyé des obus de tous calibres dans la direction des batteries. Rien à signaler pendant la nuit.

15 janvier
Canonnade, moins vive que celle d’hier, sur les tranchées de première ligne. Pas de blessés. Nuit calme.

16 janvier
Vers 7h00, vive fusillade à gauche avec canons de gros calibre. Fusillade de courte durée. Bombardement des deux sous-secteurs et de Chaudardes, pas de blessés.

17 janvier
Bombardement très vif des cuisines du sous-secteur de droite. Trois tués, quatre blessés faisant partie d’une corvée en route surprise par hasard. Bombardement de Chaudardes. Sans résultat. La musique du régiment et reconstituée sous la direction du sous-chef de musique David. Elle sera cantonnée à Ventelay ou les répétitions auront lieu. Nuit calme, rien à signaler.

18 janvier
Vers 8h00, deux obus sont tombés sur le sous-secteur numéro deux, tuant un homme. Dans la journée, bombardement moins violent que d’habitude. Pas de blessés. À 16h00, le 2ème bataillon remplace le 1er à Chaudardes et à Concevreux. Le 1er bataillon va occuper le sous-secteur numéro un. Nuit calme. Aucune patrouille allemande ne s’est montrée sur le front du régiment.

19 janvier
Dans la journée, un homme blessé par balle perdue. 20 ou 30 obus sur les tranchées sans résultat. Vers 19h45, le feu de l’artillerie a été ouvert sur l’ordre du colonel. Objectif : place de l’église de Craonne sur les convois de ravitaillement ennemis. 14 coups de 155 L ou TR. 10 obus explosifs de 75. Le tir parfaitement réglé a dû produire un grand effet de surprise. On a entendu des voitures ennemies fuir précipitamment. Toutes les lumières ont été éteintes précipitamment. Vers 21h00, quelques obus sans accident.

20 janvier
Bombardement moins intense que d'habitude. Pas d’accident. Vers 17h00, le petit poste qui occupe la meule de paille sur la route de Chevreux se replia sans combattre devant un détachement ennemi de 60 hommes qui s’approchaient de la meule. Sur l’ordre du colonel, le petit poste a été repris sans un coup de feu, sans combattre. Nuit calme.

21 janvier
Bombardement habituel plus violent qu’hier sans dégâts. Nuit calme, rien à signaler devant le front du régiment. Les Allemands ont incendié des meules entre Craonne et Craonnelle. Une de nos compagnies a tiré un feu de salve sur des Allemands qui se retiraient en petit nombre.

22 janvier
Bombardement de tous les jours sur les tranchées de première ligne et les compagnies en réserve. Le sous-lieutenant Dapoigny de la 3e compagnie est blessé légèrement au mollet et à l’épaule par éclats d’obus. Le sous-lieutenant Dapoigny demande instamment à rester sur le front, le colonel donne des ordres pour que néanmoins il soit visité aujourd’hui même par le médecin-chef. Le 155 à envoyé deux obus sur Craonne d’après une indication donnée par la première ligne. Il y a un effet sérieux, car les observateurs du mont Hermel ont entendu de nombreux cris de terreur poussés par les Allemands. Dans la soirée, les Allemands ont envoyé 40 obus sur la ferme du Temple, où le colonel a fait allumer un feu discret pour attirer leurs tirs.

23 janvier
Bombardement des tranchées de première ligne et de la ferme du Temple qu’un avion a survolé dans la matinée et sur laquelle il a laissé tomber une fusée. Un blessé légèrement dans les tranchées par des éclats d’obus. La batterie Bobollet a tiré sur des mitrailleuses allemandes à la lisière sud du bois de Chevreux. Elle a atteint une tranchée des tireurs, mais l’abri des mitrailleuses n’a pas été touché. Tirs très meurtriers néanmoins. L’observateur de la meule de paille a vu cinq ou six Allemands sauter en l’air ! Pendant la nuit, rien à signaler. Les Allemands ont bombardé en pure perte la ferme du Temple. Cette consommation d’obus était habituellement destinée aux compagnies de première ligne.

24 janvier
Journée calme si ce n’est que la ferme du Temple continue à avoir la faveur des allemands. Un soldat y entretient le feu de jour et allume le soir une lumière baladeuse. À 16h00, relève. Le 2ème bataillon remplace le 3ème dans le sous-secteur numéro deux. Le 3ème va cantonner à Chaudardes et Concevreux.

25 janvier
À 8h00, très bon tir de canon de 37 sur Craonne. 62 obus. Entre 14h00 et 15h00, une vive fusillade éclate dans le secteur du 129e (à droite du 36e ). Après cette action vers 15h00, les Allemands entament une canonnade et une fusillade intenses sur toute l’étendue du secteur du 36e. L’artillerie allemande envoie des obus de tous calibres, du 210, tire sur la batterie lourde (batterie Fromageot) du bois de Beaumarais. Les coups trop courts tombent à quelques mètres à l’est du poste de commandement du colonel et sur les abris des deux compagnies du 35e territorial. Les deux compagnies avaient quitté leurs emplacements quelques instants auparavant pour se rendre aux emplacements de combat. Le colonel reçoit successivement par téléphone plusieurs comptes rendus du sous-secteur numéro un (est du bois de Beau Marais) disant que les compagnies de première ligne sont fortement attaquées et réclament des munitions. Du poste de commandement, on entend effectivement une très vive fusillade.
Après de nombreuses communications téléphoniques avec les deux sous-secteurs, le colonel donne l’ordre formel de ne pas tirer un coup de fusil avant que l’ennemi ne soit à proximité des réseaux de fil de fer. La fusillade cesse de notre côté et l’on entend plus alors que celle des Allemands très vive encore. Le colonel apprend alors qu’en réalité l’ennemi n’est pas sorti de ses tranchées. À 16h30, la fusillade a complètement cessé. La canonnade seule subsiste. À droite du secteur du 36e, elle a été particulièrement violente. À la fin de la journée, une patrouille poussée en avant du front du 36e rencontre une patrouille allemande et lui tue ou blesse plusieurs hommes dont elle ne peut s’emparer par suite de l’arrivée d’un groupe d’Allemands plus fort qu’elle. Le poste avancé (un sergent et six hommes) a tenu toute la journée sous la fusillade et la canonnade.
Les pertes ont été de : quatre tués et deux blessés par des éclats d’obus et 11 blessés par balles. Dans la soirée, notre artillerie lourde tire sur Craonne où l’on a entendu une forte explosion.

26 janvier
Bombardement sur le secteur de droite sans résultat. Journée calme. Dans la soirée, une quinzaine d’obus sur le poste de la meule de paille. Un homme tué. Vers minuit, les Allemands ont envoyé quelques coups de feu de la lisière du bois de Chevreux et ont ensuite chanté.

27 janvier
Canonnade du sous-secteur de droite. Deux blessés légèrement par des éclats d’obus. Le poste de la meule de paille avait été bombardé sérieusement ainsi que la sape y conduisant. Le parapet de la tranchée en avant de ce poste est bouleversé. Les hommes s’étant tapis au fond de la tranchée, aucun n’a été touché. Ils ont tué deux Allemands cet après-midi.
Calme sur le sous-secteur de gauche.
Huit obus seulement aujourd’hui sur la ferme du Temple. Vers 18h00, bombardement du mont Hermel : un homme tué. Un avion a survolé le poste de la meule de paille ; les habitants ont fait le mort. Peu après une patrouille ennemie s’approchait. Le sergent ouvrit le feu et vit deux Allemands tomber.

28 janvier
Dans le sous-secteur de gauche rien à signaler. Le soldat Lagardère continue à allumer des bougies pendant la nuit et à allumer des feux le jour pour attirer la canonnade ennemie. Cet après-midi, 40 obus sont tombés sur la ferme ou à proximité. Pour plus de vraisemblance, il a éteint ses feux pour faire croire à l’ennemi que le but est atteint.
Nuit calme, rien à signaler.

29 janvier
Journée calme, peu d’obus. 95 obus de 37 ont été tirés sur le mur crénelé et les maisons de droite du village de Craonne, notamment sur une maison dans laquelle doit se trouver un observateur allemand.
Vers 14h00, tir de repérage sur l’église de Craonne pour XXX (???) ce soir s’il y a ravitaillement. Dans la soirée, un convoi avec tracteur est signalé en marche sur Craonne. Le 90 et le 155 ont tiré sur Craonne, les roulements de voitures ont immédiatement cessé.

30 janvier
À 7h00, le canon de 37 tire environ 50 coups sur Craonne. Dans la journée, les Allemands envoient une quinzaine d’obus en avant ou en arrière de la ferme du Temple. 30 obus sur la compagnie de droite du sous-secteur de droite, en arrière de la meule de paille, et sur les tranchées. Rien dans le secteur de gauche. Nuit calme.
Une patrouille a reconnu pendant la nuit une nouvelle tranchée établie par les Allemands au sud-ouest du bois du Bonnet Persan. Cette tranchée n’est qu’une ébauche non garnie de fil de fer.

31 janvier
Quelques obus sur les anciennes cuisines et vers la ferme du Temple. D’autres entre le poste de la meule de paille et la lisière du bois de Beau Marais. Aucun dégât. Une dizaine d’obus sur Chaudardes sans plus de résultats. À la nuit, relève. Le 1er bataillon va cantonner à Chaudardes. Le 2ème va occuper le sous-secteur numéro un. Le 3ème va occuper le sous-secteur numéro deux. Nuit calme.

15 oct. 2008

Février 1915

1er février
Bombardement habituel, mais peu violent. Personne de blessé. Journée et nuit calmes.

2 février
30 obus tirés sur la ferme du Temple où deux hommes du deuxième bataillon font des feux. Un seul obus sur le sous-secteur de gauche. Quelques obus sur Chaudardes dans la matinée et vers 15h00. Un homme contusionné très légèrement. Pendant la nuit, rien à signaler.

3 février
13 obus de gros calibre sur le mont Hermel. Sans résultat. Quelques gros obus sur Chaudardes. Une maison détruite. Calme sur le reste du secteur. Pendant la nuit, pas d’incident.

4 février
Quelques obus sur la ferme du Temple. Quatre obus de 150 sur Chaudardes. Pas de blessé. Nuit calme, rien à signaler.

5 février
À 7h30, les deux canons de 37 millimètres ont envoyé 75 obus sur Craonne (ligne de créneaux située au sud de l’église). Il a été très difficile, même avec la jumelle, d’apprécier des résultats. Bombardement du sous-secteur numéro 1. Obus dans toutes les directions sans objectif bien précis. Dans la soirée, l’ennemi a envoyé 30 obus sur la ferme du Temple, tous tombés à 100 mètres à l’est de la ferme et aux environs de ce point. Quelques obus sur le sous-secteur numéro 1. Aucun dégât. À 22h35, sur les indications du capitaine Le Rasle, l’artillerie envoie six coups sur la corne nord et la lisière ouest du bois Persan.

6 février
Quelques obus seulement sur la ferme du Temple. Le 80 de montagne a détruit en partie un terrassement à embrasures qu’on admet être un abri de mitrailleuses. Rien à signaler dans les sous-secteurs ni à Chaudardes. Vers 16h30, tir de canon de 37 sur Craonne. 10 obus en fonte, 64 en acier : objectif, une maison d’où sort de la fumée. Ligne de créneaux en pente de l’église. Nuit calme

7 février
Assez vif bombardement du sous-secteur de droite. Un sergent très légèrement blessé par un éclat de fonte. Pendant la nuit rien à signaler.

8 février
Quelques obus sur le sous-secteur de droite. Un homme blessé à l’épaule. Au sous-secteur de gauche, un homme blessé légèrement par une balle perdue. Ce matin, à 8h30, à la corne sud-ouest du bois Persan, deux sous-officiers allemands ont été aperçus. Accueillis par des coups de fusils, ils ont disparu. Grand manteau vert foncé.
Dans la soirée, un homme blessé légèrement par une balle perdue. Nuit calme.

9 février
Quelques obus tombent un peu partout venant de toutes les directions. Pas de dégâts. Les allemands ont installé un observatoire dans l’église de Craonne. À la jumelle on distinguait les observateurs dans la fenêtre du milieu. La troisième batterie à envoyé quelques obus vers l’église. Les deux derniers ont touché tout à côté de l’objectif. Les observateurs s’étant éclipsés, le tir a eu une très faible durée. Pour détruire l’observatoire, on attendra qu’il soit à nouveau occupé. Rien à signaler pendant la nuit.

10 février
Dans la journée, une maison de Craonne désignée au colonel comme étant constamment occupée, par des officiers sans doute, a été en partie détruite par un tir de 12 obus. Les allemands ont riposté par trois obus sur les tranchées, sans dégâts. Nuit calme.

11 février
Quelques obus sur le sous-secteur numéro 1. Personne n’est atteint. Rien d’autre à signaler. La nuit pas d’incident.

12 février
Bombardement du mont Hermel. Pas de dégâts. Dans le reste du secteur rien à signaler, nuit calme. La relève a eu lieu vers 16h00. Le 2ème bataillon va cantonner à Chaudardes. Le 1er bataillon va occuper le sous-secteur numéro 1.


13 février
Dans la journée, l'ennemi a bombardé le sous-secteur numéro 1, la tranchée de 520 m et les abords de la ferme du Temple. 87 obus en tout. Tir intermittent entre 11 h 55 et 15 h 30.
Une mitrailleuse a été installée à l'est de la cote 120. Elle a tiré sur les tranchées qui se trouvent à la lisière sud de Craonne à hauteur de l'église. Le temps brumeux et pluvieux empêchait de distinguer nettement les objectifs. Pas un mouvement sur la ligne ennemie. Suivant leurs habitudes les Allemands ont envoyé quelques obus une heure après le départ de la mitrailleuse sur la cote 120, à 300 m à l'ouest de son emplacement.
Rien à signaler pendant la nuit.

14 février
Bombardements de l'emplacement de la mitrailleuse qui a tiré hier. Aucun dégât. 20 obus de 105 aux environs de la ferme du Temple et de la tranchée de 520 m. Dans la soirée, l'ennemi a envoyé 14 obus petits et gros sur la lisière ouest de la cote 158. 32 petits et 18 gros sur la ferme du Temple et dans la clairière. Aucun accident.

15 février
De 9 heures à 9 h 30,une vingtaine d'obus à l'ouest de la réserve du sous-secteur numéro 1. Aucun dégât.
Un homme légèrement blessé par une balle après ricochet. Quatre obus sur la ferme du Temple. Rien à signaler au sous-secteur numéro 2, ni à Chaudardes.
Vers la fin de l'après-midi, l'observateur de la cote 120 signalait une trentaine d'Allemands qui s'étaient portés par infiltration au bois de Chevreux à la voie ferrée (parti en déblais à l'ouest du bois). Le 3e batterie envoya 8 ou 10 obus sur la voie ferrée et à l'est : bon tir.
Des patrouilles envoyées vers 20 h n'ont rien rencontré de suspect. Pendant la nuit aucun mouvement chez l'ennemi. De 21 heures à 23 h, quelques obus sur la ferme du Temple et sur la lisière nord-est du bois de Beaumarais.

16 février
Bombardements de sous-secteur numéro 1. Quelques obus seulement sur les tranchées et la réserve. Un caporal blessé (bras cassé) par une fusée. 60 obus, gros et petits calibres, sur la ferme du Temple, dans le Ployon et à l'ouest de la ferme. Rien à signaler dans le sous-secteur numéro 2. Cinq obus français sont tombés sur les tranchées de première ligne. Pas de blessés. Pendant la nuit rien à signaler. Le mur de la ferme du Temple (face ouest) a été crénelé pendant la nuit.

17 février
De 7 h 45 à 8 h 30, 16 obus dont 12 de gros calibre ont été tirés sur la ferme. L'angle nord-est du mur a été renversé. Dans le sous-secteur numéro 1, rien à signaler. Bombardements de la cote 120 : une quinzaine d'obus venant de la direction de Chevreux. Pas d'accident. À 21 h, 9 obus de gros calibre sur la ferme du Temple.

18 février
De 10 h 45 à 13 h, bombardement de la lisière est du bois de Beaumarais et sur la tranchée de 520 m. 71 obus en tout, la plupart de gros calibre. Quelques obus sur le mont Hermel et la cote 120, venant de la direction de Chevreux. Pas de blessé. Nuit calme. Nos patrouilles de reconnaissance ne rencontrent l'ennemi nulle part.

19 février
Quelques obus sur le sous-secteur numéro 1. Aucun dégât. Vers 18 h 30,12 coups de canon sont tirés sur Craonne par la 2e batterie sur certaines maisons indiquées comme étant habitées. Pendant la nuit un patrouilleur est tué accidentellement par un de ses camarades.

20 février
Quelques obus sur la ferme du Temple. Rien à signaler dans le sous-secteur numéro deux. Vers 16 h, relève. Le premier bataillon va cantonner à Chaudardes. Le 2e bataillon va occuper le sous-secteur numéro 1. Vers 20 h, les voitures sont signalées entrant dans Craonne. La 3e batterie ouvre le feu. Bon tir. Plusieurs maisons écroulées. À 20 h 30, des travailleurs sont signalés en train de réfectionner une tranchée ennemie à l'ouest de Craonne. L'artillerie du 18e corps prévenue disperse les travailleurs.

21 février
Huit obus de petit calibre sur Chaudardes. Aucun dégât. Dans la soirée, un homme en corvée blessé légèrement par éclat d'obus. Nuit calme.

22 février
23 obus entre la ferme du Temple et la tranchée de 520 m. Rien à signaler dans le reste du secteur. Nuit calme.

23 février
De 14 heures à 14 h 30,une vingtaine d'obus dans la clairière de la ferme du Temple sur la lisière est du bois et dans le Ployon. À 15 h, 44 obus aux environs de la ferme du Temple. Dans le 2e sous-secteur , rien à signaler. Nuit calme.

24 février
Sous-secteur numéro 1: de 11 heures à 11 h 30, 10 obus sur la ferme du Temple. À 15 h, un obus français tombe dans la réserve. Pas d'accident.
Dans le sous-secteur numéro 2 : à 15 h, quatre obus de 77 sur la compagnie de gauche (9e). Un homme blessé légèrement. Vers 16 h 30 : 15 obus sur la même compagnie : un tué, un blessé grièvement, trois légèrement. Vers 18 h relève. Le 3e bataillon va cantonner à Chaudardes.
Premier bataillon : premier sous-secteur .
2e bataillon : 2e sous-secteur. Nuit calme.

25 février
Dans la journée une vingtaine d'obus sur le saillant est du bois de Beaumarais. 12 obus tombés entre la légion et le sous-secteur n°2. Nuit calme. Rien à signaler.

26 février
Aucun obus sur le sous-secteur n°2. Quelques-uns sur le sous-secteur n°1. Pas de blessé. Dans la matinée un petit poste de la 6e compagnie a fait un prisonnier du 16e Landwehr. Pendant la nuit, rien à signaler.

27 février
Le soldat Lagardère a construit une sorte d'observatoire au nord de la ferme du temple pour attirer l'attention de l'ennemi. Cet artifice a été détruit par 15 obus de 77 tirés de 10 h 30 à 11 h 15. De 15 heures à 15 h 30, 16 coups de même calibre sur le sous-secteur n°1. Quelques obus sur le sous-secteur n°2. Un homme blessé légèrement. Quatre obus sur Chaudardes. Pas de blessé.

28 février
Rien à signaler. Deux médailles françaises (dont la médaille de 1870) trouvés sur un cadavre allemand du 17e d'infanterie. À 18 h relève :
le 2e bataillon va cantonner à Chaudardes.
Le 3e bataillon : 2e sous-secteur
Le 1er bataillon : premier sous-secteur .
Nuit calme, rien à signaler.

14 oct. 2008

Mars 1915

1er mars
Une vingtaine d'obus sur tout le secteur. Pas de blessés. Pendant la nuit rien à signaler. À la date de ce jour, une compagnie de mitrailleuses est constituée pour le régiment. Capitaine Besnier, commandant. Sous-lieutenant Guérin et Hotton, officiers de peloton.

2 mars
Bombardement habituel. Pas d'incident. Nuit calme.

3 mars
Canonnade peu vive dans le secteur. Dans le sous-secteur n°2, le sergent Lhermitte, 10e compagnie, occupé à faire un croquis prospectif des positions ennemies, est blessé grièvement par un éclat d'obus. Pendant la nuit, rien à signaler. Un homme blessé accidentellement en maniant de vieux fusils.

4 mars
Bombardements intermittents de tranchées et de réserve. Aucun blessé. Dans la soirée relève.
Le 3e bataillon va cantonner à Chaudardes.
Le 2e bataillon va occuper le sous-secteur numéro 2.
Dans le courant de la nuit, un homme blessé par balles.

5 mars
Bombardement habituel. Un caporal blessé par un éclat d'obus. Nuit calme, rien à signaler.

6 mars
De 14 h 30 à 15 h : 38 obus de 77 sur la lisière est du bois de Beaumarais et aux environs de la ferme du Temple. Quelques obus vers Moulin Pontoy, le mont Hermel. Pas de blessés. Pas d'incident durant la nuit.

7 mars
Rien à signaler dans le sous-secteur numéro 1. De 10 heures à 11 h, 27 obus sur le bois de Beaumarais, à l'est de la cote 120. Pas d'accident. Entre 12 h et 13 h, la 3e batterie du 43e à démoli un abri de mitrailleuses à la lisière du bois de Chevreux. Nuit calme.

8 mars
Rien à signaler. Dans la soirée relève : le 2e bataillon va cantonner à Chaudardes. 3e bataillon : sous-secteur n°2. Rien à signaler pendant la nuit.

9 mars
De 9 à 11 h, 13 obus sur la ferme du Temple et 25 sur le sous-secteur n°1. Sous-secteur n°2 : rien à signaler. Nuit calme.

10 mars
Quelques obus de 150 et de 77 sur le sous-secteur n°1. Rien sur le sous-secteur n°2. De 19 heures à 20 h, quelques obus. Un homme contusionné légèrement. Nuit calme.

11 mars
Rien à signaler dans le sous-secteur n°1. Les tranchées de première ligne du sous-secteur n°2 ont été bombardées par du 150 vers 17 h. Un abri de la 9e compagnie a été démoli : trois morts dont deux par asphyxie. Un blessé légèrement. Pendant la nuit pas d'accident.

12 mars
Vers 10 h 30, environ 30 obus de 77 sur la lisière est du bois de Beaumarais. À 14 h 30 : trois obus de même calibre sur la cote 120. Deux obus de 150 sur le mont Hermel. Aucun accident. À la nuit, le premier bataillon va cantonner à Chaudardes. Le 2e bataillon occupe le sous-secteur n°1. À 20 h 30 une dizaine d'obus dans la direction de la route de Craonnelle, venant de Corbény. Trop court par rapport au ravitaillement. Vers la même heure 11 coups ont été tirés sur la ferme du Temple. Le rapport d'une reconnaissance envoyée cette nuit dément les propos de deux déserteurs allemands disant Craonne inoccupé par l'ennemi.

13 mars
De 16 à 17 h : 64 obus de petits et gros calibre sur la ferme du Temple, la tranchée de 520 m et la lisière est du bois de Beaumarais. Aucun blessé. Dans l'après-midi, le sous-lieutenant Lhostis est grièvement blessé par l'éclatement prématuré d'une grenade Marten-Hale, ainsi que le sous-lieutenant Guérin, ce dernier légèrement atteint. Le sous-lieutenant Lhostis a été évacué immédiatement en automobile sur l'ambulance de la division. Il a conservé courageusement tout son calme demandant à ce qu'on dissimule à ses hommes la gravité de ses blessures pour ne pas affecter leur morale. Nuit calme, rien à signaler. Quatre obus de 150 vers la cote 120 et le mont Hermel, sans mal. Rien à signaler dans le sous-secteur n°1. Pas d'incident, pendant la nuit.

14 mars
Quatre obus de 150 vers la cote 120 et le mont Hermel, sans mal. Rien à signaler dans le sous-secteur n°1. Pas d'incident pendant la nuit.

15 mars
De 9 h à 10 h 30 : 48 obus de petit calibre sur les tranchées de première ligne. De 10 h 30 à 11 h 30 : 21 obus de petit calibre sur la lisière nord du bois. Quatre obus de gros calibre sur la ferme du temple. Dans le sous-secteur n°2 rien à signaler. Nuit calme.

16 mars
27 obus long sur la ferme du Temple. Trois obus de 150 sur la première ligne du sous-secteur n°2. Aucun blessé. Vers 20 h, les postes avancés ont reçu quelques coups de fusil venant des pentes de Craonne. Ils ont riposté en tirant sur les lueurs produites par les fusils ennemis. Rien à signaler, pendant la nuit.

17 mars
Journée calme, bombardements peu intenses. Pendant la nuit rien à signaler.

18 mars
Bombardements de la lisière nord du bois par la batterie ennemie du sud-est de Corbény. Qui prend presque d'enfilade les abris surélevés. Deux hommes tués et quatre blessés par le premier obus qui est tombé sur le coin droit de l'abri. Une vingtaine d'obus ont été tirés sans autre résultat. De 10 h 15 à 16 h 15 : 20 obus environ sur le sous-secteur n°2. Aucun accident. Un obus français est tombé sur le coin gauche du mur de Craonne près de la cabane du jardinier. Les postes avancées ont nettement entendu les cris de douleur des Allemands. Dans la soirée relève, le 3e bataillon va à Chaudardes, le 2e bataillon va occuper le sous-secteur n°2, le premier bataillon va occuper le sous-secteur n°1.

19 mars
À 13 h : 28 obus sur la ferme du Temple. De 11 h 20 à 11 h 50 : six obus sur le sous-secteur n°2, et 14 vers la cote 120. Cinq ou six obus n'ont pas éclaté. Un cas de rougeole est signalé dans la population civile de Chaudardes. Le peloton qui occupait la ferme où le cas a été constaté est mis en quarantaine. Nuit calme.

20 mars
Quatre obus de 150 sur la ferme du Temple, venant de Craonne, vers 14 h 30. Rien dans le sous-secteur n°2. Pas d'incident pendant la nuit.

21 mars
L'artillerie allemande a montré une grande activité qui se manifeste régulièrement tous les dimanches. Obus de 150 sur le sous-secteur de droite. Obus de 105 et 77 sur le sous-secteur de gauche, vers le poste du commandant du colonel. Beaucoup d'obus sur nos avions. Sans résultat. Mais dont les éclats sont tombés en grand nombre sur les différents groupes se tenant dans le bois. Pas d'accident. Nuit calme.

22 mars
Rien à signaler dans les sous-secteurs.
La batterie ennemie de 105, installée derrière Craonne, a tiré dans la direction de la 3e batterie. Trop court ou trop long. Une vingtaine d'obus dans la direction de Chaudardes. Tous trop court. Nuit calme, pas d'incident.

23 mars
16 obus de 77 sur la compagnie de gauche du sous-secteur n°1. Sans mal. Dans le sous-secteur n°2 : quelques gros obus sur la compagnie de droite. À 14 h, une trentaine d'obus aux environs du poste du colonel. Longs à gauche, courts à droite. Pendant la nuit, rien à signaler.

24 mars
Vers 9 h : 18 obus sur la ferme du Temple. À 13 h 30 : trois très gros obus sont tombés sur le bois des Buttes. On n'a pas entendu le départ des coups. Dans le sous-secteur n°2 : six obus de 150 sur la compagnie de droite. Pas d'accident.
Relève.
Le 2e bataillon va cantonner à Chaudardes.
Le 3e : sous-secteur n°2.
Le premier : sous-secteur n°1.
Vers 19 h : cinq obus de 150 sur la compagnie du centre du sous-secteur de droite. Dégâts matériels.

25 mars
13 obus de gros calibres venant de Craonne sont tombés sur la gauche de la compagnie du centre du sous-secteur n°1. Rien à signaler dans le sous-secteur n°2. Nuit calme.

26 mars
De 8 h à 8 h 35 : 11 obus sur le saillant nord-est du bois venant du sud-est de Corbény. Pas de blessés. 11 obus de 150 sur les tranchées de la compagnie de droite du sous-secteur n°2. Un homme blessé légèrement. Toutes les compagnies du front ont tiré un certain nombre de cartouches. Les Allemands ont répondu par des feux de salves dans le secteur de la compagnie de droite du sous-secteur n°2. Vers 16 h : 10 obus de 150 sur les compagnies de première ligne du sous-secteur n°1, et 15 sur la route de Craonnelle venant du sud-est de Chevreux. Le 3e bataillon a exécuté un tir très efficace sur cet objectif.

27 mars
15 obus de 77 sur la ferme du Temple. 11 obus de 150 sur la compagnie de droite. Pas d'accident. Vers 18 h 15 : sept obus de 150 sur la compagnie du centre du sous-secteur n°1. Un homme blessé légèrement. Pas d'incident pendant la nuit.

28 mars
Quelques obus de 77 sur la compagnie du centre du sous-secteur n°1. Vers 13 h 30 : 60 obus de 105 vers la cote 120. À Chaudardes, six obus sont tombés sur le village. Le 3e obus atteignit la maison où mangeaient les sous-officiers de la VIe compagnie est blessa mortellement le sergent Molle et légèrement deux autre sous-officiers -- les derniers à descendre dans la cave. Molle est mort quelques instants après. Les exercices de tirs continuent dans les tranchées pour les compagnies et les mitrailleuses. Les Allemands répondent sur toute la ligne. Pendant la nuit rien à signaler.

29 mars
Huit obus de 150 venant du sud-est de Corbény sont tombés de 13 heures à 13 h 30 sur la tranchée du centre du sous-secteur n°2. Aucun dégât, aucune perte. À 14 h 15 : huit obus de 77 ou 88 venant du nord de Craonne, vers Californie, sont tombés sur la cote 120. L'ennemi continue à répondre aux exercices de tir individuel exécutés dans les tranchées. Le colonel Bernard, commandant le 36e, désigné par ordre du général commandant en chef au commandement de la 103e brigade d'infanterie, quitte le régiment dans l'après-midi après avoir passé le commandement par intérim au chef de bataillon Koch. Nuit calme rien à signaler.

30 mars
Journée calme. Aucun bombardement. Les tirs individuels et les tirs de mitrailleuses ont été exécutés dans les conditions habituelles. 150 cadavres allemands ont été désinfectés devant la gauche du sous-secteur de droite. De nouveaux cas de rougeole à Chaudardes parmi la population civile. Le corps ayant perçu deux journées de vivre de réserve pour la constitution de dépôts de vivres dans le secteur, les ordres sont donnés pour la construction des magasins nécessaires.
Un dans chaque sous-secteur.
Un au poste de secours.
Rien à signaler pendant la nuit.

31 mars
Entre 12 h et 12 h 30, 12 obus de 150 sont tombés sans dégât sur la compagnie de droite du sous-secteur n°2 venant de la direction de Chevreux sud-est. A la compagnie du centre du sous-secteur n°1, vers 15 h, un homme blessé légèrement à la tête par éclats d'obus de petits calibres venant de Corbény (sud-est). Un rapport du commandant de la compagnie de droite du sous-secteur n°1 fait ressortir que l'ennemi organise plus fortement la partie occidentale de la corne sud-est du bois de Chevreux.
Une section du génie est mise à la disposition du 36e : elle sera chargée de la construction de trois dépôts de vivres, puis continuera l'encerclement du bois dès que le corps sera en possession du treillage métallique nécessaire.
Nuit calme, rien à signaler.
Une reconnaissance a constaté la présence de l'ennemi sur les pentes sud-ouest de Craonne et en avant de la barricade.